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> Il
y a, chez Christophe Thomas, quelque chose qui déroute, touchant
et agaçant à la fois. Sa production, ambitieuse à
sa manière un peu désuète, parfois jusquau
fané, production pourtant aussi touffue quinégale,
accidentée, se construit par secousses, décharges dénergie
rocknroll, limite rockabilly, alternance de périodes
suractives et de zones de replis presque apathiques, se construit à
limage de son personnage complexe, accro à la contradiction
dure, souriant et flou dandy vaguement décadent, si rétif
aux questionnements quil en devient, aux forceps, franchement intrigant
par moments. Expliquer, précis, ce que «fait» Christophe
Thomas souvent à contre-courant relève de la gageure : affaires,
publicité, design, élevage de nains, dessin de lettres,
séducteur cheap, graphisme, ami généreux à
lexcès, édition, musique, écriture, mercenariat,
trafics de sens, tout louche...
> De lui, nous connaissions
dabord ces livres de festivals, curieux, denses, sortis de nulle
part (Le Mans, autant dire...), qui nous agrippèrent lil
sans trop dexplications.
> Son
travail, comme graphiste et dessinateur de lettres, ses expériences
dans le domaine éditorial, ne se laissent guère lire facilement.
Parcourir du regard, plus sûrement. Lui-même avoue aimer ne
pas trop se soucier de lisibilité. Dans son petit théâtre
graphique trop chargé pour aujourdhui pile sexprime
avant tout une sensibilité picturale, certes démodée,
à la remorque complète, décalés. Quelquun,
Dieu (!) sait encore qui, disait un jour de Dave Carson, influence majeure
pour C.T., quil était tombé sur un Mac, surfeur social
passant au hasard, et, simplement, viré fou, par K.O. technique,
apprentissage par défaut.
> Il y a chez Chris
Thomas, sorte de Carson franchouillard contrarié à ses heures,
mais aussi, bien mucho bizarro, appendice supplémentaire, cette
espèce de recherche, sincère, dun langage, dune
poétique à soi, particuliers, à lestomac ;
quête avortée trop souvent, finissant malgré tout
par transpirer en fièvre pas si mauvaise, vers certains no mans
lands indéfinis, proto-naïfs mais pas niais, de la typographie,
une collision grouillante de formes noires inachevées, quelque
part vers cette masse de lettres en ronces balancés vers nous en
hurlement silencieux, au-delà de linévitable processus
de ringardisation touchant parfois au résultat, bancal à
souhait. Ce qui nous touche...
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